Un matin hivernal il y a plusieurs années, j’ai quitté mon appartement pour me rendre à pied à l'arrêt d’autobus. J’étais étonnée de voir une grande ligne de véhicules immobilisés le long de ma petite rue résidentielle normalement tranquille. J’ai vu à l’intersection la raison pour laquelle il y avait un embouteillage inattendu dans mon quartier : un homme âge tentait de traverser la rue, mais a été coincé. Il y avait un ondin de neige de six pieds de haut, je dirais, en plein milieu de la rue et il ne pouvait le surmonter. Il levait sa jambe et la descendait à plusieurs reprises. Mais, le petit banc de neige l’a quasiment empêché de passer.
Je ne sais pas de quelle condition neurologique dont il souffrait, mais il était bien clair de sa posture voûtée et de ses gestes bouleversés qu’il y avait certainement une difficulté mobile. Il a été pris et le fait de voir une queue croissante de conducteurs impatients qui attendaient à l’intersection ne l'a certainement pas aidé à surmonter cette petite barrière devant lui.
Deux petits miracles
Lorsque je marchais vers l’intersection, j’ai témoigné un petit miracle. Un jeune homme s’approchait du monsieur handicapé et lui a pris le bras. Ce petit soutien à la fois moral et physique, c’est tout ce qu’il lui a fallu. Il a surmonté le banc de neige sans aucune difficulté et s’est rendu sur le trottoir à l’autre côté de la rue. Le jeune homme a ensuite poursuivi son chemin.
Mais, le drame n’a pas fini là! Le vieil homme marchait, mais tout doucement. L’arrêt d’autobus n’était qu’à 30 pieds devant lui, mais l’autobus arrivait à grands pas. Il était bien clair qu’il n'allait pas arriver devant l'arrêt d’autobus à temps pour y monter à bord.
Un autre jeune homme s’est approché du vieil homme handicapé, lui a posé une question, puis s’est dépêché pour retourner vers l’arrêt d’autobus du moment où l’autobus y arrivait. Il a jeté son sac sur le plancher de l’autobus avec force et a déclaré au chauffeur d’autobus, [traduction], « Attendez une seconde, ce monsieur veut monter à bord ». Il a couru ensuite vers le monsieur et lui a tenu sa main. C’était impressionnant de voir avec quelle vitesse ce vieux monsieur pouvait avancer quand quelqu’un marche à ses côtés. Ils sont montés à bord l'autobus ensemble et nous sommes rendus au centre-ville.
Cela m’a réchauffé le cœur de voir, ce matin hivernal bien froid, deux inconnus se tendre la main pour aider quelqu’un qui avait des besoins bien complexes...ce n’étaient que de tout petits gestes.
Les petites marches avec moi ont fait toute la différence
D’une façon ou d’une autre, nous sommes tous comme cet homme handicapé. Nous connaissons chacun des moments dans notre vie quand nous sommes faibles et infirmes et devons faire face à des barrières qui sont bien trop élevées à surmonter avec nos petits pas lasses. Le chemin que nous suivons peut nous paraitre bien difficile, voire insurmontable, mais nous devons pourtant prendre le prochain pas. Personne ne peut le prendre pour nous. Mais, ils peuvent, par contre, marcher avec nous, et cela fait toute la différence!
D'innombrables individus ont marché avec moi pendant les périodes les plus difficiles de ma vie. Ils m’ont caressé, m’ont tenu la main, ont préparé des repas pour ma famille et moi, m’ont écoutée sans me juger. Certains d’entre eux ont même fait des marches avec moi.
Je vais mentionner à une personne en particulier. Laura Mark était mon instructrice visiteuse pendant sept ans quand j’ai fait une fausse couche dans le 2e trimestre de ma grossesse. J’ai connu des difficultés médicales pendant quelques semaines, le deuil a duré pendant de nombreuses années. Je me suis rendu compte que le Seigneur a placé Laura dans ma vie pour une raison particulière, parce qu’elle avait témoigné une expérience pareille quand son premier fils était mort-né. Sa compassion était une force puissante qui m’a aidée à guérir pendant ces années difficiles. Elle m’a tenue dans ses bras, m’a écoutée, s’est occupée de mes enfants. Et oui, elle a fait beaucoup des balades - vraiment beaucoup - pendant ces longs mois de chagrin.
Marcher, même seul, c’est de la psychothérapie très utile. L'exercice, le mouvement répété, les sons et les paysages qu’invite la nature, aident à guérir un esprit meurtri. Marcher à côté d’un ami qui est assez sensible pour comprendre votre état d’âme - qui sait parler d’affaires quotidiennes simples ou peut marcher à l'aise sans prononcer un seul mot, qui vous écoute quand vous lui versez le cœur - il n’y a rien de meilleur dans la vie à mon avis. Je n’oublierai jamais les simples gestes de service que Laura a rendus à ma place.
Des choses petites et simples
Je suis bénie avec de très bons amis et d’une famille qui marchent avec moi quand mon chemin de la vie semble difficile, voire insurmontable. Les exemples ont, à leur tour, ont guidé mes efforts d’aider les prochains dans ma sphère d’influence immédiate.
Tout comme l'a fait l’exemple du Sauveur, Jésus eut marché des milles et des milles à côté de Ses disciples. Ils ont appris et ont été encouragés par Sa présence. Il eut écouté à deux disciples avec compassion le long de leur chemin vers Emmaüs. Leur cœur a brûlé lorsqu’Il leur expliqua les Écritures (Luc 24, 13-35).
Ma mère vieillissante demeure dans un établissement de soins de longue durée et passe beaucoup d’heures confinée dans son lit. Je ne peux pas changer ses circonstances, malheureusement, mais je peux marcher et, dans ce cas particulier, m’asseoir à côté d’elle à regarder des films et à l’aider lorsqu’elle participe à la réunion de la Sainte-Cène avec sa paroisse diffusée sur Zoom. Je sais que mes visites illuminent ses journées à l’établissement. Ce qui m’étonne le plus, c’est la joie que je ressens quand je lui rends service.
Notre Seigneur déclara, « Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites » (Matthieu 25:40). Je suis bénie de pouvoir servir mes frères et mes sœurs le long de ma vie. J'ai la responsabilité même de le faire. Quand je suis découragée par tous leurs besoins, je retrouve de la paix à me rappeler que je ne dois pas faire le trajet pour eux. Par contre, mon appel consiste à marcher avec eux.
J’ai témoigné de petits gestes que je peux faire pour d'autrui qui font toute une différence dans leur vie. En parlant du service, Elder Dieter F Uchtdorf nous dit,
« Il n’est pas nécessaire de faire des choses extraordinaires ou compliquées.
Il peut s’agir d’actes simples :
prier pour quelqu’un de tout notre cœur ;
faire un compliment sincère ;
aider une personne à se sentir bienvenue, respectée, appréciée et aimée ;
parler de l’une de nos Écritures préférées et expliquer ce qu’elle signifie pour nous ;
ou même simplement écouter » (Rapport de la Conférence, avril 2024).
Quand vous voyez quelqu’un en péril, faites comme Jésus a fait. Quand vous marchez avec eux, leur fardeau sera considérablement allégé, leur chemin sera plus facile à suivre. Il est possible même que vous ressentiez la présence d’un troisième compagnon, tout comme l’eurent témoigné les deux disciples sur leur chemin d’Emmaüs. Votre Seigneur vous suivra tout le long du chemin. Avec le Seigneur comme votre compagnon, il vous est impossible de ne pas arriver à la fin de votre chemin.