Mon amie Carmen McLeod est une peintre douée. Son talent est évident depuis son enfance. À l’âge de 10 ans seulement, elle était invitée à participer à une classe de peinture à l’huile pour adultes. Voici ce qui s’est passé dans son premier cours, dans ses propres mots.
[Traduction] « J’ai empilé les sept premières peintures l’une sur l’autre, avec soin, puis j’ai observé les autres peintres. J’entendais l’instructeur demander, ‘Et qu’est-ce que tu peins, Missy? »
« J’observe, tout simplement. J’ai tenté sept fois de faire une peinture, mais je n’aime aucune d’entre elles ».
Elle a répondu d’une manière à la fois puissante et furieuse, « Mais, ne souhaites-tu pas être une artiste un jour?
« Oui ».
« Alors, tu n’abandonnes pas ton rêve après sept tentatives, soixante-dix-sept tentatives ou soixante-dix-sept ans de tentatives! Plus vous essayez, mieux vous serez dans la vie à long terme, même si vous vous rendez compte après soixante-dix-sept ans, que vous ne serez probablement pas aussi bon que vous auriez souhaité. Vous vous rendrez toujours plus loin si vous continuez de persévérer, en appréciant tous les progrès que vous réalisez, quelle que soit l’ampleur. Vous ne cesserez JAMAIS de faire des efforts et d’être reconnaissant de tout le progrès que vous réalisez ». (Carmen McLeod, Healing a Brain Injury: My Story of Hope and Recovery [2024])
Carmen a bel et bien appris sa leçon. Au cours des prochains 21 ans d’efforts, elle a perfectionné ses compétences et a peinturé plusieurs beaux portraits. Puis, un matin, tout a changé. Elle a déposé ses deux enfants chez leur grand-mère et se rendait en voiture à une exposition immobilière quand le camion devant elle a passé par-dessus un gros ressort dans la rue. Le ressort est passé par le pare-brise de sa voiture et a frappé Carmen au front. Les résultats en étaient dévastateurs. Elle a témoigné des lésions cervicales aux deux côtés de son cerveau. Une chirurgie essentielle a permis d’avoir une ablation d’un tiers du côté droit de son cerveau.
Elle a passé sept semaines dans un coma. Quand elle est sortie de son coma, les médecins lui ont dit qu’elle ne parlera plus jamais, ne peinturera plus jamais, ne vivra plus de manière autonome. Elle explique une de ses conversations qu’elle a eues avec les professionnelles de la santé qui lui ont transmis la mauvaise nouvelle.
[Traduction] « Je lui ai dit, ‘Vous ne pouvez jamais savoir cela avant que je n’en fasse un effort’ ».
« Mais, vous avez déjà tenté de le faire au moins deux ou trois fois. Il faut accepter la vérité ».
« J’ai tout de suite pensé à mon enseignante en art. Deux ou trois fois, vous n'avez même pas fait un effort. Je lui réponds, ‘Donne-moi 40 ou 50 ans et je vais retrouver certaines de mes capacités ». (McLeod, Healing)
Après plusieurs années d’efforts, Carmen a effectivement appris à parler de nouveau. En dépit de la quadriplégie et la vision étroite qui l’ont laissée légalement aveugle, elle a appris elle-même à peinturer de simples peintures. Après la thérapie, la chirurgie et des milliers de tentatives ratées, elle a enfin développé sa propre méthode pour se déplacer entre son lit et son fauteuil roulant, et elle pouvait enfin déménager dans son propre appartement. Elle a même retrouvé le courage et la force de sourire de nouveau.
Il est vrai que son élocution orale pourrait être parfois difficile à comprendre. Ses tableaux sont plus petits et moins détaillés que ceux qu’elle faisait avant son accident. Elle compte sur un aide familial pour la conduire et pour l’aider à faire certaines tâches ménagères. Mais, tout cela ne la décourage pas. [Traduction] « Je savais que je ne peux être parfaite avant que Jésus revienne. Je savais également que si je continuais et priais, je réussirais ». (McLeod, Healing)
Quand je suis découragée, je pense à Carmen et ne baisse pas les bras. Sa détermination et son positivisme inspirent toutes les personnes qui la connaissent.
Le repentir
Considérons quelques hypothèses. Darryl a du mal à se contrôler. Après de nombreuses années de repentir, il perd souvent les pédales et crie fort contre les membres de la famille, notamment quand il est stressé. Caleb a une dépendance. Il participe religieusement aux réunions « Guérison par le Seigneur : Programme de traitement de la dépendance ». Mais, de temps en temps, il retombe dans la dépendance ou participe aux activités qui déclenchent sa dépendance, et il en est bien conscient. Et Kaitlyn, de sa part, n’est pas du tout préoccupée par une mauvaise habitude quelconque. Cependant, elle a un discernement spirituel qui lui rappelle qu’elle est encore loin de se retrouver parmi le monde céleste. Chaque fin de journée, elle revoit ses activités de la journée. Elle se dit, [traduction] « J'aurais dû écouter avec plus d’empathie », ou « Si seulement je n’avais pas regardé cet épisode médiatique », ou « J’aurais pu mieux gérer cette situation-là si seulement j’avais demandé au Seigneur, par la prière, au lieu de me fier à mes propres jugements ».
Il est possible que ces trois bien-aimés de Dieu soient affligés par l’idée fausse que j’avais sur le principe suivant: le commandement d'avoir de la foi, de repentir et de persévérer jusqu’à la fin est une voie linéaire, que nous sommes tenus de repentir une fois et que l’idée de persévérer jusqu’à la fin implique que nous ne devons jamais faire deux fois la même erreur. Il va sans dire que le Seigneur attend à ce que nous soyons sincères quand nous repentons. Et la réalisation de progrès est certainement possible. Mais, le repentir est un processus itératif. Persévérer jusqu’à la fin veut dire « essayer, craquer parfois, puis essayer de nouveau jusqu’à ce que nous y trouvions la bonne solution.
Le Seigneur dit, « Oui, et toutes les fois que mon peuple se repentira, je lui pardonnerai ses offenses envers moi » (Mosiah 26:30). Sœur Tamara W. Runia nous rassure, quand elle dit, « le paradis n’est pas pour les gens qui ont été parfaits, il est pour les gens qui ont été pardonnés, qui choisissent le Christ encore et encore ». (Rapport de conférence, avril 2025).
À l'aide du Seigneur
Carmen fait preuve d’empathie parce qu’elle n’aurait jamais pu réaliser tout ce qu’elle a accompli sans l’intervention quotidienne de notre Seigneur. Comme elle le dit, [traduction] « J’ai prié au Seigneur des centaines de fois pour qu’Il m’aide dans mon processus de guérison ». (McLeod, Healing). Elle décrit le processus d’apprendre à marcher avec sa jambe gauche qui a nécessité des années d’efforts, de chirurgies et, plus important, de prières. Écrit-elle :
[Traduction] Il y a une seule façon
De s’attaquer à mon problème.
Il faut avancer doucement, mais sûrement
À l'aide du Seigneur
Une journée à la fois.
(McLeod, Healing)
Qu’est-ce que Darryl, Caleb et Kaitlyn ont à apprendre de l'expérience qu’a vécue Carmen? Ils ont chacun entendu la voix de Satan dans leur tête leur confirmant [traduction] « Vous avez essayé tellement de fois, pourtant vous ne pouvez pas y arriver. Il faut accepter la vérité comme telle ». Il s’agit d’un mensonge, bien entendu. Contrairement à cette voix décevante, ils doivent chacun chercher et entendre la voix de notre Frère aîné, en Lui priant. Ce faisant, ils vont savoir qu’Il nous encourage par les paroles suivantes: [traduction] « Est-ce que tu désires être comme Moi un jour, ou non? » Dans l’affirmative, tu n’abandonnes pas ton rêve après sept tentatives, soixante-dix-sept tentatives ou soixante-dix-sept ans de tentatives! Tu ne compléteras même pas le processus en mortalité. Cependant, Je marcherai avec toi dans cette vie, comme dans la vie à venir et ensemble, nous conquérions toutes tes imperfections ».
Je suis tellement reconnaissante que le don suprême du repentir du Seigneur n’a pas de date d’expiration. Je sais fort bien que si je continue à faire des efforts, et n’abandonnes jamais, Il peut me transformer en tout ce que je rêve de devenir.