Que savez-vous de vos enfants qu’ils ignorent ? Qu’est-ce que vous voyez en eux qu’ils ne perçoivent pas encore ?
Vous les avez observés depuis leurs tout débuts. Vous les avez vus bien avant qu’ils ne soient conscients d’eux-mêmes. Vous les avez vus faire leurs premiers pas. Vous les avez vus tomber, se relever et recommencer jusqu’à ce qu’ils apprennent à marcher. Ils ont suivi le même processus pour apprendre à lacer leurs souliers, puis pour apprendre à faire du vélo. C’est un apprentissage par l’expérience.
Les considériez-vous comme des ratés ou comme des personnes en devenir ?
Étiez-vous dur avec eux lorsqu’ils échouaient du premier coup, du deuxième ou même du millionième coup ? Les voyiez-vous tels qu’ils étaient ou tels qu’ils étaient en train de devenir ?
Je repense souvent à l’enfant que j’étais. Si je pouvais le rencontrer, en y repensant, je lui dirais qu’il n’est pas un raté. J’essaierais de l’aider à comprendre non seulement qui il est, mais aussi ce qu’il est en train de devenir. Je lui dirais que sa vie a de la valeur, même si le chemin à parcourir semble difficile, même si la route semble interminable. Et surtout, je lui parlerais de Jésus.
Ce que je considérais autrefois comme un défaut chez moi – un échec, une faiblesse, un sentiment d’insuffisance – je le vois maintenant différemment. Je ne comprenais pas le processus de transformation. Je ne voyais pas que c’était cela, entrer dans la lumière du Christ. Ce n’est pas juste mon histoire. C’est l’histoire que l’on vit tous. Et notre chemin n’est pas encore terminé.
La création: Au commencement
« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était déserte et désolée; il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme et l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. » (Genèse 1:1-3).
Que la lumière soit.
Au début, de notre existence terrestre, on ignore presque tout. Tous nos besoins sont comblés. On reçoit la lumière avant même d’en comprendre le sens. En grandissant, on reçoit une lumière et une compréhension plus profondes. La lumière ne nous est pas donnée d’un seul coup; elle nous est donnée par petites touches, juste assez pour éclairer le chemin qui se présente immédiatement devant nous, et non l’ensemble du voyage à venir. On apprend à marcher avant d’apprendre à lacer nos chaussures. On apprend à parler avant de comprendre le sens des mots. À ce stade, notre expérience est limitée. Nous n’avons pas encore eu à assumer les conséquences de nos choix.
Au début, la vie est simple, pas parce que tout est compris, mais parce que rien n’a encore été mis à l’épreuve.
La chute: Une dure prise de conscience
Cette simplicité ne dure pas. À un moment donné, tout change.
En goûtant du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, Adam et Ève entrèrent dans une nouvelle condition. Dieu déclara qu’ils apprendraient à connaître le bien du mal par leur propre expérience (Genèse 3:22; Moïse 5:11). Le chemin vers l’arbre de vie ne passait plus par l’innocence; il fallait désormais l’atteindre par la mortalité (Alma 42:5-7).
On suit le même schéma. Nous commençons à agir selon la lumière partielle qui nous a été donnée, mais cette lumière est incomplète (1 Corinthiens 13:9-10). Nous agissons sans comprendre pleinement, et nous en subissons ensuite les conséquences.
Grâce à ce processus, on devient plus conscient des conséquences de nos actes. Le chemin à parcourir s’éclaire graduellement, nous révélant ce qu’on ne voyait pas auparavant.
Mais tout ce que l’on vit n’est pas le fruit de nos propres choix. Lorsque les disciples demandèrent qui avait péché pour qu’un homme soit né aveugle, Jésus répondit : « Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché; mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. » (Jean 9:1-3)
Pendant longtemps, j’ai cru qu’il y avait quelque chose qui clochait en moi. Pourquoi je ne m’intégrais pas ? Pourquoi semblais-je si différent ? Pourquoi il me fallait autant de temps pour comprendre les choses ? Pourquoi j’avais toujours l’impression d’être dans un brouillard ? Pourquoi j’ai toujours eu l’impression de ne jamais être à la hauteur ? Certains aspects de ma personnalité ont été façonnés par des choses que je n’avais pas choisies : des blessures que je ne m’étais pas causées et des circonstances que je ne pouvais pas contrôler.
Mais, j’ai fini par voir les choses différemment.
Je ne souffrais pas parce qu’il y avait quelque chose de fondamentalement mauvais en moi. Je vivais dans un monde déchu, confronté à des problèmes que je n’avais pas causés et que je ne pouvais pas régler seul. J’avais besoin d’aide pour devenir ce que j’étais censé être.
J’apprenais à distinguer le bien du mal par ma propre expérience. Je cherchais à obtenir plus de lumière, mais souvent de manière imparfaite, me fiant à ma propre compréhension (Proverbes 3:5-7) et me détournant parfois de la source même de lumière (Jean 3:19).
J’ai commencé à comprendre que je ne partais pas d’une position neutre. On ne commence pas tous au même point. Notre point de départ est un cadeau, pas quelque chose qu’on a mérité (Doctrine et Alliances 39:26-28; Jacob 5), et cela ne mesure pas notre valeur. Il fait partie de la condition de cette vie. Grâce à cette expérience, j’ai commencé à comprendre quelque chose que je n’avais pas saisi auparavant : je ne pouvais pas être ma propre source de lumière.
C’est là que j’ai trouvé le Christ. Il est venu vers moi. J’ai commencé à réaliser qu’il me connaissait, me comprenait parfaitement et m’invitait à venir à lui. J’ai alors ressenti une paix profonde, une paix que je n’avais jamais connue autrement. J’ai compris que le chemin à suivre n’était pas un retour à l’innocence. C’était aller de l’avant, à travers l’épreuve de la mortalité. Ce n’est pas une erreur dans le plan. C’est le plan.
L’expiation du Christ : Que la lumière soit (de nouveau), la rédemption
Jésus a dit : « Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8:12).
Je ne pouvais pas retourner à l’innocence. C’est précisément pour cela que Jésus-Christ est venu. Comme l’enseignent les Écritures : « Le Messie vient…afin de racheter de la chute les enfants des hommes » (2 Néphi 2:26). Il ne ramène pas à l’innocence. Il m’amène à la rédemption. Ce que je ne peux pas défaire, il le redresse. Il est la lumière qui brille dans les ténèbres (Jean 1:5).
Par lui, cette vie n’est pas seulement l’endroit où je subis la chute; c’est l’endroit où je reçois la lumière, encore et encore, en me tournant vers lui. La lumière que j’ai maintenant n’est pas celle que j’avais au commencement. Ce n’est pas l’innocence; c’est la rédemption, et cela est seulement possible à cause de Lui.
« Que la lumière soit » s’est manifesté maintes et maintes fois dans ma vie. C’est grâce à Lui.
Que la lumière soit.
Que Jésus soit.