Apprendre comment être un instrument dans les mains du Seigneur

    Sons of Mosiah

    Les fils de Mosiah—Ammon, Aaron, Omner et Himni—et les frères qui les accompagnèrent à la mission contre leurs ennemis dans les terres des Lamanites eurent le pouvoir de faire quelque chose qu’aucun prophète, roi ou dirigeant n’avait pu accomplir pendant les 500 années précédentes. Grâce à ces jeunes missionnaires courageux, « des milliers furent amenés à la connaissance du Seigneur […] » (Alma 23:5). Comme il est recommandé dans les « Idées pour l’étude des Écritures en famille et la soirée familiale » du numéro du 29 juin au 5 juillet 2020 du manuel Viens et suis-moi – Pour les personnes et les familles : Livre de Mormon 2020, l’une des idées importantes que nous devons tous et chacun discuter et considérer est la suivante : « Comment […] chacun de nous peut être ‘un instrument entre les mains de Dieu’ » (Alma 29:9)

    Des attentes préconçues ou la direction spirituelle individuelle

    Chaque appel à une mission est accompagné d’épreuves, de récompenses et d’objectifs. Dans un article publié dans les Nouvelles de l’Église le 18 mai 2020, Scott Taylor a prononcé l’avertissement suivant : [traduction] « ‘Des missions préconçues’ décrivent des situations où, au lieu de s’adapter aux circonstances inattendues et de suivre les inspirations de l’Esprit, les missionnaires vont dans le champ de la mission avec des espérances et des aspirations prédéterminées qui sont souvent basées sur les expériences des membres de leur familles […] ». (Scott Taylor: What I know about pandemic-period missionaries and ‘preconceived missions’)*

    airport

    La pandémie de COVID-19 nous apprend clairement que les missionnaires doivent être encouragés. Comme il est dit dans Doctrine et Alliances, « […] place ta confiance en cet Esprit qui conduit à faire le bien, oui, à agir avec justice, à marcher dans l’humilité, à juger avec droiture ; et c’est là mon Esprit. En vérité, en vérité, je te le dis, je te donnerai de mon Esprit, ce qui éclairera ton intelligence, ce qui remplira ton âme de joie ». (Doctrine et Alliances 11:12-13)

    Être guidé spirituellement est fondamental lorsqu’on apprend à gérer des nombreuses variables imprévisibles d’une mission : les lieux où vous êtes affectés et où vous êtes formés, la durée de votre service, les environnements dans lesquels vous vous retrouvez, les logements résidentiels, les relations avec des compagnons et des dirigeants de mission, les postes de responsabilité et de direction qui vous êtes donnés, les modes de transport, la fréquence des opportunités d’enseigner, le nombre de convertis, les guerres, les maladies, etc.

    Un compagnon ayant eu une malade sévère

    Pendant que je servais en Allemagne occidentale dans les années 1970, mon compagnon de mission, Elder Brown, a été atteint d’une affection médicale grave qui a nécessité une intervention chirurgicale. Au début, il avait considéré un vol de retour chez lui afin de recevoir des traitements médicaux. Mais après avoir conseillé en prière avec son président de mission et ses parents, il a décidé de recevoir cette intervention chirurgicale dans une clinique universitaire à Düsseldorf, en Allemagne. Pendant une longue période de rétablissement à l’hôpital, il a pu partager l’évangile avec un colocataire à l’hôpital qui, lui aussi, était en convalescence d’une maladie grave.

    Peu après son congé de l’hôpital, Elder Brown a pu participer au baptême et à la confirmation de son colocataire allemand comme membre de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Un peu plus tard, Elder Brown a partagé avec moi la joie qu’il avait ressentie dans le fait qu’il a pu retrouver quelqu’un que Dieu a mis dans son chemin.

    Missionaries

    Dans un pays étranger à une époque où nous avons passé la plupart de notre temps à cogner aux portes, les baptêmes étaient peu nombreux. Elder a alors vu son expérience comme un miracle, car il a pu enseigner l’évangile restauré de Jésus-Christ à cet homme-là.

    Qui devrait aller ?

    Vers la fin de ma mission, j’ai connu une crise personnelle lorsque mon compagnon de mission avait reçu la nouvelle qu’il allait être transféré. Le dimanche précédent, une jeune femme avait participé à la réunion de la Sainte-Cène de notre petite branche et avait exprimé son désir d’être baptisée. Elle avait récemment terminé son travail comme bonne d’enfants pour une famille membre dans une autre ville. Elle avait lu Le livre de Mormon et savait qu’il s’agit de la parole de Dieu.

    Puisque j’étais tout nouveau dans cette région, mon compagnon croyait qu’il était important pour lui de rester dans la zone afin d’introduire d’autres membres de notre branche à l’enseignement des leçons missionnaires à cette jeune femme. Ensemble, nous avons appelé notre président de mission pour partager nos préoccupations avec lui. Sa réponse? [traduction] « Je vous donnerai ma réponse demain lorsque je vous reverrai à notre conférence de mission ».

    Pendant cette conférence de zone, le président de mission s’est approché de moi, a posé sa main tout doucement sur mon épaule, et m’a dit en tout douceur : [traduction] « Nous avons décidé de vous transférer ». Quand il a prononcé ces mots, je craignais avoir remis en question sa direction. J’avais des sentiments de culpabilité.

    Hartman Rector Jr

    Plus tard cette journée-là, j’ai assisté à une entrevue prévue avec Elder Hartman Rector Jr., du Premier conseil des soixante-dix. J’ai partagé avec lui mes préoccupations concernant la remise en question du transfert. Il m’a écouté attentivement et a remarqué que mon compagnon et moi avions tout simplement donné d’importantes informations à notre président de mission et que nous étions prêts à suivre le conseil qu’il nous donnerait, quel que soit ce conseil.

    À ce moment-là, Elder Rector a ouvert les Écriture et m’a montré des versets décrivant des appels de mission dans les premiers temps de l’Église qui avaient été modifiés parce que « […] moi, le Seigneur, je commande et je révoque, comme bon me semble » (Doctrine et Alliances 56:4-7). Elder Rector avait terminé notre entrevue en m’expliquant que : [traduction] « Parfois le Seigneur ne préoccupe pas de la personne qui va, aussi longtemps que quelqu’un y va ».

    Ses mots m’ont réconforté. Le lendemain, je suis parti à destination de mon nouveau devoir en chantant « J’irai où tu veux que je sois, Seigneur » (Cantiques no. 174). Trois semaines plus tard, j’ai fini ma mission, en ayant reçu la joyeuse nouvelle que la bonne d’enfants investigateur avait fixé la date pour son baptême qui aurait lieu plus tard cette semaine-là.

    Glorifions-nous en Christ

    Calgary Alberta Temple

    Lorsque nous faisons face aux incertitudes de la pandémie de COVID-19, des émeutes, des catastrophes à la fois naturelles et humanitaires, et d’autres épreuves, nous pouvons retrouver de l’inspiration dans les exemples des fils de Mosiah. Ils avaient complété une mission que personne n’aurait pu imaginer : ils ont amené des milliers de Lamanites à l’évangile de Jésus-Christ et être « […] rassembl[és] dans les greniers, afin de ne pas être gaspill[és] ». (Alma 26:5).

    Ces missionnaires du Livre de Mormon  qui avaient enseigné les Lamanites personnifient comment Dieu guidera tout le monde « […] selon l’esprit de révélation et de prophétie, et le pouvoir de Dieu accomplissant des miracles en eux […] » (Alma 23:6).

    * Ce discours en français n’est pas disponible sur le site français de ChurchofJesusChrist.org.