Lors de la conférence générale d’octobre 2025, le président Oaks a déclaré : « Les parents, célibataires ou mariés, et les personnes qui remplissent ce rôle, comme les grands-parents, sont les maîtres pédagogues. Ils enseignent avant tout par l’exemple. Le cercle familial est l’endroit idéal pour illustrer et apprendre les valeurs éternelles, telles que l’importance du mariage et des enfants, le but de la vie et la véritable source de joie. C’est aussi le meilleur endroit pour apprendre d’autres principes essentiels, comme la gentillesse, le pardon, la maîtrise de soi, et la valeur de l’instruction et du travail honnête. » (Conférence générale, octobre 2025).
Les hommes sont pour avoir la joie
En songeant à la vie de mon père terrestre, Robert Anderson Hamilton, je suis reconnaissante qu’il a répondu à ces besoins dans ma vie.
Lorsque j’avais 16 ans, mon père et moi partagions une chambre de bain dotée de deux éviers, je peignais mes cheveux avant d’aller au séminaire et papa se rasait au-dessus de l’autre évier avant d’aller enseigner toute la journée. J’avais toujours hâte à nos rencontres matinales. Pour moi, c’était l’homme le plus gentil, le plus beau et le plus sage que j’avais jamais connu. Un matin, alors qu’il sifflotait tout en se rasant, il a spontanément cité 2 Néphi 2:25 : « Les hommes sont pour avoir la JOIE (soulignement ajouté) », puis, il a ajouté avec beaucoup d’enthousiasme, « et je vais connaître cette JOIE! ». Et c’est ce qui est arrivé! C’était un de ses mots d’ordre tout au long de sa vie.
Petite fille, je savais que mon père adorait son rôle de papa. Il jouait avec nous, travaillait avec nous, nous enseignait, riait avec nous et, ce faisant, a créé beaucoup de souvenirs heureux. Lorsqu’il travaillait comme homme de terrain dans les champs de betteraves de la Canadian Sugar Factory, j’aimais beaucoup aller avec lui sur la route. Nous sillonnions la région du nord de Lethbridge dans notre petite Volkswagen bleue pour jeter un œil sur les betteraves tout en récitant de la poésie, en chantant et en riant ensemble.
Un an plus tard, pendant que papa fréquentait l’université de l’État de l’Utah, il travaillait à temps partiel au salon funéraire Nelson et nous vivions dans l’appartement au‑dessus. Nous devions être économes. Lorsque l’hiver est arrivé, notre père, doué d’un esprit créatif, a trouvé une enseigne en métal abandonnée d’environ deux mètres par 60 centimètres; il l’a retournée, y a attaché une corde et voilà, nous avions un superbe tobogan avec lequel nous pouvions glisser jusqu’en bas de la colline Old Main plus vite que nous l’aurions pu avec un traineau acheté au magasin!
Un père sage priorise sa famille
Lorsque j’avais seulement 8 ans, j’ai appris une leçon sur la priorisation. Papa venait tout juste d’obtenir un poste d’enseignant et était entraîneur pour les Bulldogs, l’équipe de basketball de l’école secondaire Winston Churchill de Lethbridge, en Alberta. L’importante partie contre les rivaux de l’autre bout de la ville, les LCI Rams, devait avoir lieu le même soir que ma première sortie père-fille de la Primaire. Je me souviens avoir entendu la discussion de mes parents au sujet de ce conflit d’horaire, mais il n’y avait aucun doute dans l’esprit de mon père de l’endroit où il serait. J’ai revêtu ma plus jolie robe de fête et il portait son habit du dimanche. Main dans la main nous sommes allés à l’église et nous avons joué à des jeux amusants à cette activité de la Primaire. Après cette soirée inoubliable ensemble, nous nous sommes rapidement rendus à l’école secondaire où il a encadré le reste de la partie de basketball. Ce doux souvenir est pour moi un profond témoignage des priorités de mon père.
Notre père aimait et vivait les premier et deuxième commandements : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi‑même. » (Matthieu 22:37-39)
Le pouvoir de l’exemple
En servant sa famille éternelle, sa paroisse et d’autres familles de la collectivité, il représentait très bien le Sauveur, son modèle parfait. Il faisait fidèlement ses visites au foyer, faisait le ménage de la chapelle, travaillait à la ferme de l’Église, lavait la vaisselle après les fêtes de paroisse et, discrètement, rendait spontanément service. Il labourait des jardins, démolissait des marches en ciment avec un marteau‑piqueur, aidait à rénover des maisons et visitait des amis isolés. Pendant les mois d’hiver, il gardait sa pelle à neige dans le coffre de sa voiture et l’utilisait régulièrement. Son éthique de travail était constante et absolument inspirante. L’exemple de papa m’incitait à travailler plus fort et à servir plus. Son sourire radieux et contagieux résultait sûrement du fait qu’il comprenait que « lorsque vous êtes au service de vos semblables, vous êtes simplement au service de votre Dieu. » (Mosiah 2:17)
Le 25 juin 1953 a été le jour le plus heureux pour mon père. Ce jour‑là, il a été scellé à sa jolie épouse de Toronto, Patricia Maude McCormack, dans le temple de Cardston, en Alberta. Il a tenu sa promesse de faire chaque année le voyage jusqu’en Ontario pour rendre visite à la famille de son épouse. Nous étions tous reconnaissants de créer des souvenirs avec notre parenté de l’Ontario.
La meilleure chose qu’un père puisse faire pour ses enfants, c’est aimer leur mère
Papa et maman aimait leur maison et leur jardin. Ils passaient les mois du printemps et de l’été à prendre soin de leur cour, trouvant beaucoup de joie à le faire ensemble. Papa était un maître jardinier, et il s’occupait de chaque coin de la cour, que ce soit les pommiers, les framboisiers, les fraises, les groseilles, la rubarbe, les pivoines, les petits pois, les marguerites, les trolles ou une myriade d’autres vivaces. Le jardin était rempli de fleurs, de couleurs vives et d’arômes parfumés. C’était leur propre jardin d’Eden. Papa cueillait souvent un bouquet qu’il donnait à maman en disant : « Chaque jour je t’apporte des fleurs! ». Il éprouvait tellement de joie à être son mari, et il adorait lui offrir de simples présents, comme ces bouquets de fleurs cultivées dans notre cour. Les dizaines de poèmes d’amour qu’il écrivait pour maman l’émouvaient et nous aussi.
Notre père aimait l’Évangile de Jésus-Christ. Le service au temple et le respect quotidien de ses alliances lui apportaient beaucoup de joie. Ses Écritures assez usées, surtout le Livre de Mormon, étaient un témoignage de son engagement à s’efforcer de vivre comme le Sauveur, « selon la voie du bonheur » (2 Néphi 5:27).
J’ai été extrêmement bénie d’avoir un père qui m’a éduquée et aimée pendant 61 ans de ma vie. Malheureusement, il est décédé en 2015.
Les hommes sont pour avoir la JOIE, et Robert Anderson Hamilton a, EN FAIT, trouvé cette JOIE […] CHAQUE JOUR. Il a décidé qu’il en serait ainsi en suivant l’exemple de notre Sauveur, Jésus-Christ.