Les choix : Leçons à apprendre d’Alma et d’Amulek

    Alma meets Amulek

    Il y a quelques années, ma femme voulait un chien pour notre famille, quelque chose que moi, je ne désirais pas. Nous avons discuté la question à plusieurs reprises, mais nous n’arrivions toujours pas à nous entendre. Un jour, cependant, ma femme a amené notre nouveau chien à la maison. J’étais furieux. Ce n’est pas du tout ce que nous avons décidé; je me sentais trahi et marginalisé. J’ai tout de suite pris la décision personnelle de n’avoir rien à faire avec ce chien et que ce serait la responsabilité de tous les autres membres de la famille de s’en occuper. J’étais certain que c’était le bon choix, surtout parce que je n’ai jamais approuvé la décision d’avoir un chien.

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    Le chien de la famille Northcott

    Dans le moment, je croyais avoir pris une décision à la fois rationnelle et raisonnable et, tout bien considéré, ce n’était même pas si important que ça. Car, enfin, je faisais tout ce que je devais faire – j’assistais aux réunions de l’église et je participais à la Sainte-Cène. Ma femme et moi étions mariés dans le temple et nous observions toujours nos alliances. Qu’est-ce que cela donne de m’occuper d’un chien? C’était bien clair qu’il était la responsabilité de ceux qui voulaient le chien de s’en occuper…pas la mienne.

    Je me tourne tout d’un coup vers l’avenir. J’ai vu tout clairement le résultat de la situation qui avait commencée par ce choix, et j’ai découvert que je m’éloignais peu à peu de ma famille ; il y avait des sentiments d’acharnement, de conflit et de conviction d’être juste. Il semblait de plus en plus évident que mon choix ne concernait plus le chien mais plutôt une question de mettre mes propres besoins avant ceux de ma famille. J’étais sur le point de prendre des décisions égoïstes qui avaient des conséquences durables que je n’avais pas vues au départ.

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    James Northcott

    Se déconnecter de Dieu

    D’une manière ou d’une autre, je me suis déconnecté de Dieu au fur et à mesure que je vivais ma vie quotidienne et je me suis permis de compter trop sur mes propres connaissances et ma compréhension des choses. J’avais oublié ce que je savais être des vérités et je me suis convaincu de mettre ces vérités de côté comme étant non pertinentes au choix que j’avais fait. 

    Amulek se sentait pareil. Exprime-t-il : « […] je n’ai jamais su grand-chose des voies du Seigneur, et de ses mystères, et de son pouvoir merveilleux. J’ai dit que je n’en ai jamais su grand-chose ; mais voici, je me trompe, car j’ai vu beaucoup de ses mystères et de son pouvoir merveilleux ; oui, dans la préservation de la vie de ce peuple. Néanmoins, je me suis endurci le cœur, car j’ai été appelé de nombreuses fois et je n’ai pas voulu entendre ; c’est pourquoi je savais tout cela, et cependant je ne voulais pas savoir ; c’est pourquoi j’ai continué à me rebeller contre Dieu, dans la méchanceté de mon cœur […] ». (Alma 10:5-6).

    Dans notre vie quotidienne chargée et « normale », il est facile de séparer le côté religieux de tout le reste. Nous pouvons oublier que nos témoignages sont non seulement quelque chose dont nous nous souvenons le dimanche, mais peuvent influencer toutes les décisions que nous prenons. Nous pouvons « savoir », cependant agir comme si nous ne savions pas.

    La leçon prescrite dans « Idées pour l’étude personnelle des écritures » pour la semaine du 21 au 27 septembre 2020 du manuel Viens et suis-moi - Pour les personnes et les familles : Livre de Mormon nous rappelle que les habitants d’Ammonihah « étaient autrefois un peuple ‘[…] hautement favorisé par le Seigneur’ qui vivait l’Évangile ». (Alma 9:20). Quand Alma est entré dans leur la ville d’Ammonihah, par contre, le peuple venait de transgresser à l’encontre de la lumière et de la connaissance qu’il a[vait] ». (Alma 9:23). Le peuple d’Ammonihah avait violemment rejeté les enseignements de l’évangile que leur apprenaient Alma et Amulek et ont refusé d’agir conformément à ces dites enseignements, car leur cœur était  « extrêmement endurci contre la parole de Dieu ». (Alma 9:30).

    Alma and Amulek in prison

    Rester sur la voie vers nos destinations éternelles

    Alma décrit ce choix ainsi : « Et c’est pourquoi, celui qui s’endurcit le cœur, celui-là reçoit la plus petite partie de la parole ; et celui qui ne s’endurcit pas le cœur, la plus grande partie de la parole lui est donnée, jusqu’à ce qu’il lui soit donné de connaître les mystères de Dieu, jusqu’à ce qu’il les connaisse pleinement. Et ceux qui s’endurcissent le cœur, la plus petite partie de la parole leur est donnée, jusqu’à ce qu’ils ne connaissent rien de ses mystères ; et ensuite, ils sont faits captifs par le diable, et entraînés par sa volonté sur la pente de la destruction. […] ». (Alma 12:10-11).

    La décision de me servir de notre nouveau chien pour créer des conflits entre ma famille et moi, c’est choisir d’endurcir mon cœur. Cette décision aurait pu représenter la première étape vers un chemin qui mène à l’aliénation, à la captivité et à la destruction de la famille. Une telle approche aurait énormément changé ma destination éternelle.

    Lors d’une session de prêtrise de Conférence générale, Elder Dieter F. Uchtdorf décrit comment un vol touristique en Antarctique avait fini par l’écrasement de l’avion sur la montagne Erebus parce que quelqu’un avait changé les coordonnées de vol par deux degrés seulement. Pendant son discours, Elder Uchtdorf offre aux frères de l’assemblée l’avertissement suivant : « j’ai remarqué que la différence entre le bonheur et le malheur pour les personnes, les couples et les familles, résulte souvent d’une erreur de quelques degrés seulement ». (Une question de quelques degrés, Le Liahona, mai 2008).

    Amulek's Family

    Reconnaître l’importance de nos choix

    Le premier choix que fait Amulek lorsqu’il visait une vie de droiture et de vertu peut sembler à première vue un choix peu important : « Veux-tu donner quelque chose à manger à un humble serviteur de Dieu ? » (Alma 8:19). Ce choix « simple » de nourrir ou ne pas nourrir Alma a guidé tout l’avenir d’Amulek. S’il n’avait pas agi selon les instructions spirituelles qu’il avait reçues, sa famille et tout un peuple entier auraient pu finir en obscurité.

    L’un des outils les plus subtils dont se sert Satan consiste à nous convaincre que nos choix n’ont aucune importance, qu’ils sont trop petits pour influencer notre salut et que nous pouvons alors faire des choix irréfléchis. Chaque fois que nous faisons un choix sans l’influence du Saint-Esprit, peu importe l’envergure (apparente ou non) de ce choix, nous endurcissons notre cœur et, dans un sens, rebellons contre Dieu. Les prières de la Sainte-Cène nous promettent que nous aurons toujours Son Esprit avec nous, non seulement lorsque nous avons des décisions importantes à prendre.

    En fait, le grand choix que nous devons tous faire—à tout moment et tous les jours—est d’avoir de la foi. Est-ce que nous croyons (ou non) que les principes que nous avons appris peuvent changer nos pensées et nos actes quotidiens? Il s’agit surtout du choix dont parle Josué quand il nous fait l’invitation suivante : « […] choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir, […]. Moi et ma maison, nous servirons l’Éternel ». (Josué 24:15). Comme Jacob apprenait aux Néphites, « l’affection de la chair, c’est la mort, et l’affection de l’esprit, c’est la vie éternelle ». (2 Néphi 9:39).

    family
    La famille Northcott

    Elder David A. Bednar nous rappelle que [traduction] « Nous avons tendance à croire que nous recevrons du Seigneur un message rapidement, entièrement et d’un seul coup ». Par contre, le modèle décrit et repris dans les Écritures suggère que nous recevons ‘ligne sur ligne, précepte sur précepte,’ ou, autrement dit, les réponses viennent petit à petit au fil du temps. Reconnaître et comprendre ce modèle est un élément qui nous est essentiel pour obtenir de l’inspiration et de l’aide du Saint-Esprit ». (Line upon Line, Precept upon Precept, New Era*, septembre 2010;  2 Néphi 28:30 2).

    Un choix important n’est pas fait tout d’un seul coup ; il s’agit d’un petit choix à la fois, de manière à ce que notre « […] lumière devien[ne] de plus en plus brillante jusqu’au jour parfait ». (Doctrine et Alliances 50:24). Je sais de mes propres expériences qu’au fur et à mesure que nous ouvrons notre cœur en prenant une petite décision à la fois, nous progressons en spiritualité lorsque l’expiation de Jésus-Christ travaille plus pleinement en nous.