Jaïrus était l’un des chefs de la synagogue, un père désespéré qui s’attendait à un miracle lorsqu’il partit à la recherche de Jésus. Lorsqu’il le trouva, il se jeta à ses pieds et le supplia disant : « Ma petite fille est mourante; viens, impose-lui les mains afin qu’elle soit sauvée et qu’elle vive » (Marc 5:23).
Alors que Jaïrus rentrait chez lui avec Jésus, espérant, attendant et observant les miracles se produire autour de lui, des messagers arrivèrent de sa maison avec la nouvelle suivante : « Ta fille est morte; pourquoi importuner encore le maître » ? (Marc 5:35). Ces paroles ont dû être dévastatrices pour lui. Jaïrus avait eu assez de foi pour aller à la recherche de Jésus. Il avait vu sa puissance et des miracles se produire sous ses yeux. Et pourtant, à ce moment précis, alors que la crainte et le désespoir l’assaillaient, Jésus s’est immédiatement tourné vers Jaïrus et lui a dit : « Ne crains pas, crois seulement » (Marc 5:36).
Au début du rétablissement, les saints avaient bien des raisons de craindre. Dans l’Ohio et le Missouri, ils furent confrontés à des émeutes, à la perte de leurs maisons, de leurs moyens de subsistance, et même la mort. Alors que ces premiers saints s’efforçaient de répandre l’Évangile, ils rencontrèrent une vive opposition à chaque étape. Pourtant, malgré cette opposition, Dieu leur envoya des paroles réconfortantes en leur disant : « Ne craignez pas de faire le bien, mes fils, car tout ce que vous semez, vous le moissonnerez aussi. C’est pourquoi, si vous semez le bien, vous moissonnerez aussi le bien en récompense. Ne craignez donc pas, petit troupeau; faites le bien; laissez la terre et l’enfer s’unir contre vous, car si vous êtes bâtis sur mon roc, ils ne peuvent vaincre. Voici, je ne vous condamne pas; allez et ne péchez plus; accomplissez avec sérieux l’œuvre que je vous ai commandé d’accomplir. Tournez-vous vers moi dans chacune de vos pensées; ne doutez pas, ne craignez pas (Doctrine et Alliances 6: 33-36).
La crainte
La crainte à laquelle Jaïrus fut confronté, et celle qui mit à l’épreuve les premiers saints, ne sont pas si différentes de la nôtre aujourd’hui. La crainte prend plusieurs formes : craindre d’échouer, craindre de ne pas être à la hauteur, craindre de rater quelque chose, craindre de ne pas être suffisant ou peut-être d’être excessif dans quelque chose. Nous craignons de prendre la mauvaise décision, de perdre une personne que nous aimons, de nous perdre nous-mêmes, ou d’être à nouveau blessés. Mais sous toutes ces craintes se cachent des sentiments plus profonds : la honte de ne pas être à la hauteur de nos aspirations, la solitude de se sentir invisible, l’impuissance face à l’incapacité de recoller les morceaux de notre vie brisée. La crainte peut être paralysante.
Parfois, c’est la crainte que notre désespoir ou le fait de se sentir brisé puisse nous rendent indignes, comme si nous étions hors de portée de recevoir l’aide de Dieu, ou hors de son désir de nous secourir. Nous acquiesçons peut-être à l’idée que Dieu aime tous ses enfants, mais au plus profond de nous, on se demande si son amour pourrait nous inclure.
La crainte ne nous avertit pas seulement du danger; elle ravive le souvenir du passé. Elle nous isole et nous persuade que nous sommes livrés à nous-mêmes.
Ces craintes font parties d’un combat plus profond pour notre identité, notre paix et notre âme. Alors que Satan tente de pervertir notre perception de nous-mêmes, le Christ est venu pour nous révéler à qui nous appartenons.
Lorsque Satan apparut au prophète Moïse, celui-ci résista en premier, mais Satan persista. Comme le récit le dit : « Moïse commença à éprouver une crainte extrême; et comme il commençait à éprouver de la crainte, il vit l’amertume de l’enfer » (Moïse 1:20). Pourtant, dans les versets suivants, Moïse invoqua Dieu et retrouva ses forces. La crainte nous affaiblit; c’est sa nature. Dieu nous restaure et nous fortifie; c’est sa nature. C’est le modèle de Dieu.
L'amour parfait du Christ bannit tout crainte
Jésus nous rencontre dans nos craintes. Il n’attend pas que l’on soit courageux. Mais il nous invite à lui faire confiance, et lorsqu’on le fait, il nous attire vers lui. Il vient à notre rencontre. Il pénètre là où nous sommes enfermés et nous attire vers lui par compassion et non par condamnation.
J’ai récemment entendu une histoire à propos d’agneaux errants : des agneaux rejetés par leur mère et laissés à l’abandon. Le berger les recueille, les nourrit et les prend dans ses bras. Plus tard, une fois que l’agneau est fortifié et est de retour au pré, il n’oublie jamais le berger. Lorsque celui-ci l’appelle, cet agneau est l’un parmi les premiers à répondre, non pas parce que le berger l’aime davantage, mais parce qu’il reconnaît sa voix.
Tout comme l’agneau apprend à reconnaître la voix du berger, on peut nous aussi apprendre à distinguer la voix rassurante du Seigneur malgré le tumulte de la crainte. Et lorsque nous nous demandons s’il nous a oubliés ou s’il nous a perdu de vu et qu’il ne sait pas où nous sommes, il reprend la parole en nous rappelant : « Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l’oublierait, moi je ne t’oublierai pas. Voici, je t’ai gravée sur mes mains; tes murs sont toujours devant mes yeux » (Ésaïe 49:15-16).
Nos murs sont les circonstances dans lesquelles nous vivons, et les obstacles que nous rencontrons chaque jour. Dieu nous enseigne que notre réalité est constamment sous son regard. Il sait, il est conscient et il ne nous oubliera pas. Il ne peut pas nous oublier. Il nous a gravés sur ses propres mains, les instruments de son œuvre. Quand nous nous sentons négligés ou indésirables, il pense constamment à nous. L’amour du Christ n’apaise pas seulement la crainte, il la bannit et reconstruit ce qu’elle tente de détruire.
Lorsque la crainte essaie de nous convaincre que notre douleur et notre captivité dureront éternellement, souvenons-nous de ce que le Sauveur lui-même a dit sur les raisons de sa venue. Sa mission est claire, personnelle et vise directement les chaînes avec lesquelles la crainte essaie de nous enrouler : « L’Esprit du Seigneur, l’Éternel , est sur moi…pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté…pour consolé tous les affligés…pour leur donner un diadème au lieu de la cendre, une huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu »(Ésaïe 61:1-3).
De Jaïrus qui vécut au premier siècle aux saints de la frontière américaine, jusqu’à nous aujourd’hui, le message du Seigneur est resté immuable : « Ne crains pas, crois seulement » (Marc 5:36). Ce n’est pas parce que nous sommes sans crainte que Jésus-Christ nous aime. Il nous aime parce que nous lui appartenons.
Si vous avez des craintes, vous n’êtes pas seul. J’ai vécu une crainte paralysante. J’ai été découragé. Je me suis senti seul. Comme Moïse, j’ai craint et goûté à l’amertume de l’enfer. Mais j’ai aussi connu l’amour d’un Sauveur qui m’a trouvé dans ma crainte, m’a pris dans ses bras et m’a dit : « Ne crains pas, crois seulement. »
Lorsque nous croyons et lorsque nous laissons complètement entrer son amour parfait en nous, la crainte commence à perdre de son emprise.
C’est le miracle de son amour. Il est réel. Même pour toi. Surtout pour toi.